jeudi 15 avril 2010

Au milieu des années 80, l’ancienne usine de tissage se trouvant à Saint Germain des Angles allait se transmuer en centre culturel par la volonté du maître du lieu, un sculpteur d’origine slovène. On fit appel à nous comme main-d’oeuvre bénévole dans la cadre des Chantiers de Jeunesse. On était deux marocains, trois tunisiens, trois espagnols et un béninois sans oublier le moniteur envoyé par l’organisation parisienne de bénévolat. Pour la refction de cette batisse on avait tant sué mais ce fut pour chacun de nous une experience fort interessante. La prevue en est donnée à travers tout ce beau monde qui vient aujourd'hui y partager des moments de plaisir. C’est devenu un espace grouillant de vie. Ainsi l’histoire de cette usine transformée en espace culturel s’etait mêlée à la notre. Les briques rouges que vous voyez sur la photo c’était moi qui les avais posées. On n'en est que fier. J’espère qu’un jour, il me serait permis d’y éxposer mes travaux artistiques.

jeudi 18 mars 2010

Larbi Sebbane: lettre de remerciement à l'Institut Français de Fès


L’institut Français de Fès organise du 15 au 20 de ce mois, la troisième édition du festival Bulles en ville. La caricature sociale comme thème est à l’honneur cette année. Une Exposition Hommage est dédiée au doyen des caricaturistes marocains Larbi Sebbane. Ainsi, après le prix Bouzhgiba de l’humour, c’est le tour de l’IFF de l’auréoler. A cette occasion, Sebbane a adressé au directeur de cette institution culturelle qui supervise ce festival, une lettre de remerciement. En voici le teneur:

« Permettez-moi de venir par la présente vous féliciter pour l'initiative louable que vous avez dédiée à l'art de la caricature. La thématique choisie pour la troisième édition du festival Bulles en ville, étant la caricature sociale. Elle arrive à point nommé. Ce forum de créativité vaut son pesant d'or, car il permet à des artistes issus du Maroc, de la Méditerranée et du Moyen-Orient de se rencontrer afin d'échanger les idées et de consolider les liens de confraternité. Par ailleurs, je tiens à remercier tout particulièrement l’Institut Français de Fès pour l’Exposition Hommage dont il m’a honoré.
Je vous souhaite succès, réussite et bonne continuation. Que cette belle initiative soit régulièrement renouvelée avec autant d’éclat que d’impact positif, afin de donner à l’art de la caricature toute l’importance qu’il mérite.
Veuillez agréer monsieur le directeur l’expression de mes sentiments respectueux.

mardi 16 février 2010

Rabat–Salé et le séisme humain


Rabat–Salé et le séisme humain

Les deux villes mitoyennes de la côte atlantique Rabat et Salé dont l'aire géographique n'est séparée que par un fleuve (Le Bouregreg) traversent une nouvelle ère géologique , non pas parce qu'un cataclysme de grande ampleur les a frappées, mais à cause du séisme humain avec ses dégâts collatéraux . Si autrefois nos aïeux avaient à affronter les affres de ce qu'on appelait « Ame Jrade » (l’année des criquets) aujourd'hui les habitants de ces deux villes doivent supporter les désagréments de « Ame Lahfir » (l'année des excavations). Là où vous vous plantez vous trouvez des gens qui piochent. Parfois après un énième déblaiement/remblaiement on se remet à nouveau à piocher avec autant d'ardeur que de voracité. Que cherchent ces messieurs dont les plus outillés se servent de marteaux piqueurs ou d’engins lourds et tranchants, sous l'épiderme de la croûte terrestre? Si c'est de l'or, la ruée vers ce métal précieux avait pris fin avec l'urbanisation galopante et débridée. La ruée fiévreuse vers le foncier a tout supplanté. Si c'est pour le pétrole, alors il faudrait de puissantes machines de forage pétrolier pour creuser à plus de deux milles mètres. Encore faudrait-il que le diagnostic de prospection soit positif pour éviter une autre mascarade comme celle de Talsint. Tiens, on nous dit que ces travaux sont entamés dans le but d'aménager la voie ferrée du nouveau tramway et embellir le littoral. Soit, mais un tram qui phagocyte le peu de bande goudronnée qui reste, ne serait-il pas une entrave gênante au lieu d'être comme beaucoup l’espéraient une issue salvatrice à l’épineuse problématique du transport en commun? Tous les ingénieurs qui ont un peu de bon sens disent que les deux villes jumelles ont besoin d'un métro souterrain. Ceux qui ont voyagé en Europe et visité les villes où ce moyen de locomotion est adopté gardent en mémoire sa grande utilité. Le RER parisien transporte quotidiennement plusieurs millions de personnes. C'est rapide, pratique, confortable et convivial. Aujourd’hui, avec le boom démographique même le tram le plus luxieux ne pourrait jamais rivaliser avec le métropolitain qui trouve sa voie dans le sous-sol pour ne pas encombrer le réseau des bus existant. Beaucoup de mairies ont abandonné le tram comme solution urbanistique à cause des accidents de la circulation et des indemnisations qui en résultent. Le seul tram qui semble échapper à cette règle restrictive est celui de Lisbonne. Mais c'est un tram à qualifier de romantique. Personnellement, je m'en étais servi pour aller au centre culturel de Belem à l'époque où jetais invité par un festival de cinéma. C'est un train très ancien, mais on éprouve du plaisir à monter à bord. Il était un petit peu bondé, mais avec le temps, il est devenu un ingrédient touristique. Qui visite Lisbonne sans prendre le tram a le sentiment de rater son voyage. Avec son bois de palissandre, ses ornementations stylisées internes et externes, ce serait une calamité de supprimer ce joyau. D'ailleurs, il ne gène pas la circulation et la ville est tellement veillotte que tout réaménagement risquerait de la défigurer. En Belgique (Bruxelles) le métro est assez douillet .On y trouve le même confort que le RER parisien (sauf les heures de pointe). Il vient à l'heure. Seul lacune : le prix du ticket est relativement cher pour un marocain. Mais, que voulez- vous les compatriotes de Jacques Brel sont mieux payés que ceux d’Ibn Batouta.
Le tram que l'on va installer pour relier Rabat et Salé, risque de prendre du temps. L'on craint que la clause relative aux pénalités de retard fixée par le CCAG (le référentiel des Travaux Publics) soit de rigueur dans la période de l'achèvement des travaux et de la réception définitive. En attendant cette dernière, on remarque déjà que la qualité des travaux n'est pas uniformément homogène. Côté dénivellation de la ligne ferroviaire par rapport à la chaussée, la topographie du schéma synoptique passant de haut en bas et vice versant (tronçon entre Bab Lakhmiss et la gare de Salé), les virages à angle droit (proximité de la bibliothèque nationale) avec les frictions métal/métal, arrêt tout prés des urinoirs à ciel ouvert de Bab al Had, rouille du matériel sous les intempéries, chemins de câbles électriques noyés… l'on se demande comment , avec ces verrues de laideur , serait la figure finale de ce Wafid al Jadid (nouveau arrivant). Concernant les travaux de réaménagement du littoral qui avancent à la vitesse de l’escargot, l’on remarque un revirement inquiétant : on passe de la perspective paysagiste ouverte sur l’horizon à l’immobilière avec un retour massif des échafaudages de béton armé. On revient à la case de départ. Les propriétaires des lots de terrains expropriés sont les plus lésés. Le principe d’utilité publique risque de devenir une futilité privée. Autre remarque on ne sait pas si les nombreuses grues et poclains installés de part et d’autre des berges du fleuve sont équipés de systèmes parafoudre pour évacuer les surtensions atmosphériques. Car le dernier tonnerre qui a frappé la banlieue de Sale était un des plus violents. Il aurait fait des dégâts humains et matériels incalculables si ce tonnerre avait diaboliquement visé la Marina et la forêt de métal où elle se trouve engouffrée en ce moment. Tout électricien averti vous dirait que l’électricité atmosphérique résultant du titanesque choc des nuages orageux de polarité opposée (dipôle divin) aime le fer. Plus on lui en donne plus il devient gourmand. Gare au vomissement. Les grues de manutention sans parafoudres peuvent amplifier le marasme en cas de violentes surtensions atmosphériques. Avis d’un cartésien de branche scientifique, esthète par vocation et par conviction.

RAZAK

samedi 30 janvier 2010

Fâcheuses attitudes

Fâcheuses attitudes

De mémoire de théâtromane ayant fréquenté assidûment les grandes salles comme le TNMV et les petites (relevant des centres culturels rattachés aux ambassades accréditées à Rabat) jamais un bon spectacle n’avait fini sans le bouquet de fleurs, le geste symbolique qui réchauffait le cœur de l’artiste, qui descendant de la rampe, tout luisant de sueur, en avait besoin. Ce n’était pas le cachet copieux qui le faisait jubiler mais le feedback. De nos jours, de tels boniments de civilité semblent révolus. Même les entités qui organisent ou parrainent ces manifestations artistiques commencent à s’en passer. C’est vraiment désolant, et l’on craint que ce ne soit pas un phénomène éphémère dû à la cupidité et l’avarice. A une certaine époque, la première des choses à laquelle l’organisateur pensait, c’était le bouquet de fleurs. Les fleuristes de Rabat rivalisaient entre eux pour en faire de plus beaux et de plus colorés. Au TNMV on ne peut plus s’adonner à ce bellissime rituel à cause justement des nombreux gardes qui dressent leur barricade devant la scène et obligent manu militari les spectateurs de sortir par la porte d’où ils sont entrés. J’avouerais sans craindre personne , que c’était à cause des désagréments de cette horreur qui surgissaient pour fausser l’ambiance générale, que j’avais juré (il y a cinq ans) de ne plus remettre les pieds dans ce théâtre dont le rapport qualité/médiocrité commençait à prendre des proportions alarmantes. D’ailleurs le «silence critique» m’a été d’un bienfait fortifiant, la peinture et le cinéma, (mon hobby primaire) ont pris le dessus. L’intrusion de cette armada de vigiles qui ne se contente pas de surveiller les issues, comme cela est indiqué dans le cahier de charges (si cahier il y a), mais s’introduit à l’intérieur de la salle pour la marquer mauvaisement de son imposante présence. Vous regardez le spectacle et eux vous regardent avec des yeux revolvers, comme ceux de Lee Van Cleef. Craigne-t-on une invasion extraterrestre? On a le sentiment d’être dans une messe sous haute surveillance. Et l’on se demande toujours s’il y a quelqu'un de sensé pour mettre un terme à cette stupidité ou du moins en atténuer la gravité en réduisant l’effectif. Les autres employés de cette institution sont au repos. Figurez-vous que la salle en question et qui a un passé prestigieux (Bolchoï, les Etoiles de Paris …) se trouve juste à quelques pas de la préfecture. A-t-elle besoin d’un tel sureffectif ? La direction intérimaire actuelle, qui a hérité d’une situation assez complexe, devrait penser à ce dysfonctionnement, car le budget global en serait affecté et cela influerait par voie de conséquence sur la qualité des spectacles programmés. Autrefois, quand un comédien ou un chanteur nous subjuguait (Jean Pia, Belmondo, Goldmann, Assala Nasri, Nour Cherif…) on cherchait à le lui prouver avec des fleurs. Je me rappelle que pour Georges Moustaki j’étais venu voir son concert avec une rose. Je la lui avais remise à la fin de son mémorable tour de chant. A l’époque, il n’y avait ni vigiles ni personnes encombrantes. Les pompiers qui étaient (et sont toujours) les plus concernés par la sécurité du lieu se faisaient discrets. Dommage. Pour Jean Louis Trintignant et Sanchez Cabezudo qui incarnait Mister Metro Cubico on n’avait pas vu de fleurs. Pour le cas de Cabezudo c’était pire: j’étais le seul à le féliciter après son époustouflant spectacle. Ceux qui l’avaient applaudi chaleureusement sont repartis comme s’ils étaient dans un meeting. Les habitués de la salle savent que, même en apportant des fleurs, ils seront empêchés d’accéder à l’estrade parce qu’un mur d’hommes se dresse pour faire la sentinelle. Autre négativité inquiétante: l’on remarque l’absence de photographes. Autrefois on en voyait une nuée. Peut-être les intraitables vigiles du TNMV leur feraient peur. A quand un spectacle sans le spectacle irritant de ces intrus?
RAZAK