vendredi 10 décembre 2010

Razak Painting : African Dandy

AFRICAN DANDY PAR RAZAK
Acrylique sur bois
Dim: 66 X 62

Toiles recentes de Razak




QUELQUES UNES DES OEUVRES PICTURALES REALISEES RECEMMENT PAR RAZAK


mardi 7 décembre 2010

dimanche 5 décembre 2010

Tessellations rancillaquiennes

Tessellations rancillaquiennes


Lors du vernissage de l’exposition «Rancillac » au Matisse Art Galery (4 décembre) et qui a attiré pas mal d’amateurs d’art postmoderne et des néophytes épris de petites mondanités, je ne savais pas pourquoi certaines personnes apparemment averties en la matière s’étaient quelque peu offusquées quand, tentant de cerner l’oeuvre chatoyante offerte à mon regard, ils me virent prononcer le mot Tesselations, comme si c’était un pléonasme réducteur ou une tentation malintentionnée de catalogage nihiliste. Etonné par cette réaction incongrue vis-à-vis d’un thème aussi fécond et porteur, un petit rappel fut nécessaire. La vision avait besoin, d’être mieux ébauchée pour éviter le malentendu et le dialogue de sourds.
Les pavages consistaient à reproduire des éléments décoratifs (ou narratifs pour les peintres initiés comme Rancillac) selon des modes de progression bien définis. Animés par un fervent désir d’abstraction, aux antipodes de toute représentation figurative, les Arabes s’y donnaient à cœur joie. Par ailleurs, ils étaient les premiers à découvrir les 17 modèles de pavages géométriques, aujourd’hui confirmés par d’éminents mathématiciens occidentaux et chercheurs en cristallographie.
Ainsi, malgré la répétitivité graphique ou chromatique, les pavages ne sont pas dénués de beauté. Tout dépend de la finesse qu’on y imprime. Parmi les sommités artistiques qui y avaient forgé leur arme de conviction et séduction, Esher le graveur hollandais se trouve aux avant-postes. Il en fut le plus prolifique et le plus percutant. Il a tiré la sève de son travail colossal en s’inspirant des zelliges du palais Al Hamra de Grenade. Andy Warhol en avait affleuré le rivage sans trop persister. Picasso et d’autres dessinateurs anglo-saxons ou italiens avaient transposé sur du tissu leurs figurines démultipliées à l’infini par tessellation. Dans le domaine des arts plastiques le recours aux tessellations reste très limité malgré ce que l’on vient de citer. Les tessellations les plus naturelles sont les alvéoles des abeilles. En chimie minérale, les extensions algorithmiques en ont donné une variété ahurissante.Fuyant une programmation filmographique assez morne d’un festival de cinéma qui souffle sa 10eme bougie dans la monotonie malgré l’apparat clinquant des artifices, l’exposition de ce vieux routier des cimaises m’avait ravivé les sens. Elle valait le détour. Je n’avais pas pu parler avec l’artiste parce qu’il était occupé. Les tessellations que Rancillac donne à voir et à sentir (pourvu qu’il en approuve la bellissime essence) sont empreintes d’un onirisme enivrant et les motifs floraux reproduits à satiété comme des syllabes d’une ode dédiée à la beauté ont la particularité d’être légèrement non superposables. Leur subtil agencement et la discrète allusion faite à l’art mauresque nous font penser à cette belle strophe hugolienne:
L'Alhambra ! L'Alhambra ! Palais que les génies

Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies,
Forteresse aux créneaux festonnés et croulants
Où l’on entend la nuit de magiques syllabes

Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,
Sème les murs de trèfle blanc.

RAZAK
Artiste peintre et écrivain
www.bouzghiba-awards.com
www.razakcinema.com


samedi 20 novembre 2010

Roman: Boumanjel le gaucher (un autre extrait)

« Une fois tous les chapitres du volumineux bouquin furent contés, Saleh, avait remarqué que le conteur revenait aux premiers épisodes. Il abandonna ce petit forum de littérature populaire et s’en alla à la Halqua qui faisait du sol poussiéreux un ring.
-Pourquoi ne pas essayer? La boxe est après tout, un sport d’hommes courageux, s’était-il demandé avec enthousiasme.
L’animateur de la Halqua lui avait enfilé une paire de gants, tout rapiécés et demanda aux badauds rassemblés en cercle:
-Qui veut affronter ce champion?
Un gars plus âgé et plus robuste que Saleh leva sa main. Le maître de la Halqua lui avait dit:
-Avance mon gaillard.
Il demanda aux spectateurs d’applaudir. Il lui avait mis les gants en nouant les ficelles. Mais avant de donner le signal avec son sifflet, il rappela aux deux amateurs de boxe, les principes de jeu:
-Pas de coups en dessous de la ceinture, s’il vous plait.
On devinait aisément pourquoi, il insistait là-dessus. Dans cette région du corps, se trouvait l’organe le plus précieux, pour la reproduction génétique.
Dès le premier round, Saleh cogna son adversaire. Il était gaucher et rapide. Heureusement, les gants étaient bourrés de matière mole, pour amortir les coups. A mains nues, il aurait assommé son adversaire. Saleh ne savait pas, que c’était un jeu amical de divertissement et non pas un duel. Il avait tout de même, le privilège d’y apporter un peu de vérité, avec ce coup sortant du contexte ludique habituel.
-La boxe théâtralisée, est faite pour les femmelettes, en concluait-il.
S’il avait été né en Italie ou en Amérique du Nord, il aurait été inscrit dans un club de boxe. Au fil des compétitions, on l’aurait trouvé, sur un ring fumeux, affrontant une de ces grosses pointures comme Jake La Motta ou Rocky Marciano. Ces deux boxeurs de grande classe, firent ravage à cette époque. Si Marcel Cerdan, ce boxeur futé, né quelques années avant lui à Sidi Bel Abbas et qui vécut pendant des années à Casablanca avait vu ce gaucher qui frappait avec la vitesse de l’éclair, il lui aurait conseillé, de faire de la boxe professionnelle. Marcel Cerdan le légionnaire qu’on surnommait mystérieusement «le bombardier marocain» aurait fait avec le maquisard de Lagfaf, un duo d'enfer. Peut-être la destinée de Saleh aurait-elle pris un autre cheminement, que celui qu’il avait pris, à l’âge adulte: le chemin épineux du maquis et de la guérilla urbaine. Il avait les dons innés pour la boxe, mais cela nécessitait un perfectionnement. Ses coups de poings bruts avaient besoin d’être stylisés. L’art de la boxe avait ses propres canons et règles spécifiques. Parfois, le plus artiste gagnait le plus rouste. On en avait vu de beaux spécimens.»


Extrait du roman inédit Boumanjel le gaucher
Chapitre-III. Auteur: RAZAK