jeudi 19 mai 2011
lundi 9 mai 2011
Répliques de films à maditer: Reviens-Moi
Scénario: Christopher Hampton
D’après le roman «Expiation» d’Ian McEwan
Révélation Expiatoire
Devenue une romancière de renom, Briony Tallis (Vanessa Redgrave ) est interviewée sur son dernier roman autobiographique intitulé Expiation. Le remord la taraude de l’intérieur car elle n’a pas oublié le malheur qu’elle a causé au fils de domestique Robbie, accusé injustement d’avoir violé sa sœur aînée Lola. Pour une éventuelle rédemption, suffirait-il d’inventer des scènes de bonheur pour effacer le préjudice causé à autrui ?
-L’interviewer: Briony Taliss, j’aimerais que nous parlions de votre nouveau roman Expiation qui sort dans quelques jours pour coïncider avec votre anniversaire. C’est votre 21eme roman.
-Briony: C’est mon dernier roman.
-L’interviewer: Non vraiment. Vous prenez votre retraite ?
-Briony: Je vais mourir. Mon médecin dit que je souffre d’une maladie dont le nom est Démence Vasculaire. Cela se traduit par une série d’attaques cérébrales signifiant peu à peu: votre cerveau se dégrade, perte du langage, de la mémoire, ce qui pour un écrivain est plutôt ennuyeux. C’est pour cette raison que j’ai fini ce roman, je crois, il le fallait et c’est pour ça que c’est mon dernier roman. Curieusement voyez-vous, il serait plus exact de dire que c’est le premier et la première version. Durant la guerre quand je travaillais comme infirmière à l’hôpital de Saint Thomas, j’ai écrit plusieurs versions. Je ne savais pas comment raconter.
-L’interviewer : Parce que ce roman est autobiographique, n’est-ce pas ?
-Briony: Oui il l’est. Je n’ai changé aucun nom, le mien, y compris d’ailleurs.
-L’interviewer: Et c’était ça le problème ?
-Briony: Non, à vrai dire, j’avais décidé depuis bien longtemps de ne raconter que la stricte vérité et rien d’autre, sans rimes et sans fioriture. Mais je crois que... Vous l’avez lu… vous devez comprendre pourquoi. J’ai eu de source sûre les comptes-rendus des événements dont je n’ai pas été témoin: les conditions de vie ne prison, l’évacuation de Dunkerque, absolument tout, mais il ressortait de tout cela un sentiment de grand malaise je dois dire et en y réfléchissant, j’avais du mal finalement à comprendre l’intérêt d’une telle démarche.
-L’interviewer : De quelle démarche, pardon, de l’honnêteté ?
-Briony: De l’honnêteté ou la réalité. Parce que, en fait, j’étais beaucoup trop lâche pour aller rendre visite à ma sœur en juin 1940. Je n’ai jamais fait le trajet jusqu’à Balham. La scène dans laquelle je me confesse a été imaginée, inventée. Elle n’aurait jamais pu exister parce que Robbie Turner est mort de septicémie à Bray-Dunes le 1er juin 1940, le dernier jour de l’Evacuation. Et je n’ai jamais pu m’expliquer avec ma sœur Cecilia, parce qu’elle a été tuée le 15 octobre 1940 par la bombe qui a détruit les canalisations de la station métro de Balham. Donc ma sœur et Robbie n’ont jamais eu l’occasion de vivre ensemble ces instants qu’ils méritaient sans aucun doute et dont ils rêvaient tant et que depuis, je reconnais jusqu’à cet instant, j’ai eu le sentiment de les avoir empêchés de vivre. Mais je me suis dit: quel espoir, quelle satisfaction le lecteur pourrait-il tirer d’une fin aussi triste. Alors dans ce moment j’ai voulu donner à Robbie et Cecilia ce qu’ils n’ont pas pu avoir dans la vie. Je crois ce n’est ni par faiblesse, ni par dérobade, mais par le dernier élan de générosité que j’ai offert aux amants des moments heureux.
La structure du film est impeccable. Il n’ y a rien à dire là-dessus. Sauf un petit grain de beauté qui avec l’âge change constamment de joue. Entre «Expiation» et «Le Roi des Aulness» de Michel Tournier on retrouve une toute petite similitude: les deux protagonistes principaux Robbie et Adel sont dénoncés par des garces de très bas âge et ils ont eu la même punition: on les transfert de la prison au front de guerre pour que chacun vive son destin. Cette petite interférence littéraire prouve que dans les faits de telles alternatives ont été envisageables à cette époque de doute et de surchauffe militaire.
RAZAK
vendredi 6 mai 2011
لا لاعتقال الصحافيين
لا لاعتقال الصحافيين
كفنان وكاتب مل من تكرار المآسي والنكسات، أعلن تضامني اللامشروط مع رشيد نيني مدير جريدة المساء، مطالبا بإطلاق سراحه ، لان هذا الإجراء العقابي لن يفيد البلد في شيء ، اللهم إذا كان الهدف منه تلطيخ سمعته أمام المحافل الدولية، خاصة في هذا الظرف الدقيق الذي تمر منه الدول العربية. فقصتي من نيني لها وقع خاص، لكن لم يحن الوقت بعد لكتابتها بالتفصيل والإسهاب. اكتفي بالقول باني كنت من النقاد الأوائل الدين شعروا، في غمرة البحت عن المواهب الواعدة، بقوة قلم هذا "السليماني" الحاذق. كان ذلك إبان حفل إعلان جمعية اتحاد كتاب المغرب عن الفائزين بالجوائز السنوية. كعادتي كنت مستاء من النتائج، لان نيني (أقولها بكل صدق) كان يستحق اكتر من كلمة تنويه. التاريخ أبان عن صدقية ومصداقية هذه الفرضية.
"حمار السلام" كانت هذه هي العبارة التي أثارت انتباهي وانأ استمع مقتطف من نصه الأدبي سيء الحض،الذي تمت قراءته للعموم في القاعة الكبرى، والذي أعجيني كثيرا. عند أول وهلة قلت في نفسي " هذا هو الدماغ الذي يصلح للصحافة المغربية. الكل يتحدث عن الحمام، ولا احد اهتم بالحمار". كان المحلل النفسي جاك لاكان، الفرودي النزعة يحترم الحمار ويعطف عليه. بل كان ينصح تلامذته من المحللين النفسيين أن يأخذوا العبرة من طبيعة هدا الكائن الذي يمشي على أربعة أرجل، والدي يتميز بالصمت والاستماع المفرطين. في تلك الفترة لم تكن المسافة بين نزل حسان التي احتضن الحفل وجريدة العلم تبعد إلا ببعض عشرات الأمتار. أخذت بيد الشاب نيني وذهبنا سويا في اتجاه الجريدة. لا زلت أتذكر أن في منتصف الطريق، عند وصولنا بوابة المسرح الوطني، سأني بلغة بسيطة لا علاقة لها بالنص الأدبي الذي سمعناه: "فين غادي بيا ؟""
عند وصولنا إلى مقر الجريدة العريقة، قدمته للعربي الصبان الفنان الكاريكاتوري المعروف. لماذا لم افعل ذلك مع صحافيين قدامى كنت اعرفهم؟ لأني كنت متيقنا بان الصبان المتسم بطيبوبته كان هو الوحيد الذي سيمده يد العون. لأني عشت أنا الأخر معانات كبيرة مع « أصحاب الحسنات" ،المعششون في الجرائد. بما أني سبقته في الإحباط ، لذلك لم أرد أن يضيع وقته بين الحربائيين والحساد. من حسن الحض لم يخب ضني. قد يختلف المثقف التقدمي معه في بعض الأشياء، لكن تبقى تجربته فريدة من نوعها. فمع مرور السنين استطاع نيني أن يفرض اسمه في الساحة بجدارة واستحقاق. شخصيا، لدي مؤاخذة وحيدة وسبق أن أدليت بها عندما استقبلني بمكتب الجريدة:
" لا يجب التنكر لمن أمدك يد العون في البدايات. لان الجحود رذيلة من أسوئ وأتعس الرذائل. "
عند إعداد الطبعة الأولى من جريدة "أوال" طلب مني نيني أن أساهم بمقالات باللغة الفرنسية. فعلت ذلك تطوعا مني لمساعدته على تحقيق حلمه. بعد ذلك اختفى عن الأنظار. لكن تبين من خلال الرسائل المتبادلة مع مصطفى حيران، انه كان متواجدا ببلاد المهجر. ومند "مذكرات مهاجر سري" التي نشرتها بانتظام جريدة العلم، بدأت الظاهرة النينية تبرز بجلاء. "وخزات" حيران و" مذكرات" نيني كانتا وراء الانتعاشة التي حصلت على مستوى عدد قراء جريدة العلم، خاصة عند نهاية الأسبوع.
الصحافي مصطفى حيران الذي كانت علاقته مع رشيد نيني أكثر حميمية إبان هذه الفترة المثمرة ، أصبحت أكثر جفاء . وهذا يحز في النفس. أتمنى أن يصلح الزمان ذات البين. لان الوقت ليس وقت القطيعة، ولكن وقت المؤازرة والتضامن.لان المتربصون لم يغيروا من طبعهم، و طريق الكفاح شاق وطويل.
رزاق عبد الرزاق
mardi 26 avril 2011
SOS ! AGRESSION CONTRE BZIZ
SOS ! AGRESSION CONTRE AHMED SENOUSSI
Participant à la marche populaire du 24 avril 2011 qui s'est déroulée à Casablanca, le célèbre humoriste marocain Ahmed Snoussi, alias Bziz a échappé de justesse à une agression à la main armée. Des «baltajias» armés de couteaux ont essayé de l’agresser juste après avoir donné une déclaration à un média. L’un de ces énergumènes voulant discréditer Bziz vis-à-vis de son large public l’a accusé d’avoir un «agrément» de transport (Grima) offert par l’Etat marocain. Dans une vidéo mise en partage dans Youtube (URL: http://www.demainonline.com/?p=2820) et qui a été reprise par le portail demainonline.com, Bziz s’explique:
«Je défie quiconque de me prouver que je possède un agrément quelconque. Je ne possède aucune propriété et je resterais solidaire avec les militants du mouvement revendicatif du 20 février, car leurs revendications sont légitimes. »
Participant à la marche populaire du 24 avril 2011 qui s'est déroulée à Casablanca, le célèbre humoriste marocain Ahmed Snoussi, alias Bziz a échappé de justesse à une agression à la main armée. Des «baltajias» armés de couteaux ont essayé de l’agresser juste après avoir donné une déclaration à un média. L’un de ces énergumènes voulant discréditer Bziz vis-à-vis de son large public l’a accusé d’avoir un «agrément» de transport (Grima) offert par l’Etat marocain. Dans une vidéo mise en partage dans Youtube (URL: http://www.demainonline.com/?p=2820) et qui a été reprise par le portail demainonline.com, Bziz s’explique:
«Je défie quiconque de me prouver que je possède un agrément quelconque. Je ne possède aucune propriété et je resterais solidaire avec les militants du mouvement revendicatif du 20 février, car leurs revendications sont légitimes. »
mercredi 20 avril 2011
Picking colours from the air (song of Neil Young)
Picking colours from the air (song of Neil Young)
The painter stood
Before her work
She looked around everywhere
She saw the pictures
and she painted them
Picking colours from the air
Green to green
Red to red
Yellow to yellow in the light
Black to black
When the evening comes
Blue to blue
Through the night
It’s a long raod
Behind me
It’s a long raod
Ahead
If you follow every dream
You might get lost
She toed the line
She held her end up
She did the work of two men
But in the end
She fell down
Before she got up again
I have my friends eternally
We leave our tracks in the sound
Some of them are with me now
Some of them can’t be found
It’s a long raod
Behind me
And i miss you now
If you follow every dream
You might get lost
Green to green
Red to red
Yellow to yellow in the light
Black to black
When the evening comes
Blue to blue
Through the night
vendredi 8 avril 2011
samedi 26 mars 2011
FLASH-BACK SUR UN TEXTE PREMONITOIRE
2004: Flash-back sur un texte prémonitoire
«Beaucoup d’intellectuels maghrébins pensent que la politique, réduite à de la politicaillerie, ne vaut pas la peine de s’y consacrer. Elle n’est pas faite pour les honnêtes gens. Il y a trop d’intérêts personnels, trop de démagogie et de mensonges pour qu’elle convainque les hommes intègres. La majorité silencieuse, résignée et laxiste, se contente de regarder les minorités privilégiées prendre les commandes. Ce rôle passif de citoyens sans citoyenneté, rend actifs les arrivistes et opportuniste de tout acabit. Le peuple arabe, de façon générale, n’a pas de chance. La démocratie lui sera toujours interdite ou cédée à petite dose quand un concours de circonstance ou des pressions extérieures rendent la concession indispensable. Ce qui vient de se passer en Tunisie est une insulte à l’intelligence des tunisiens. En tant que maghrébin rêvant d’une "Sahoua" d’honneur qui ferait des dirigeants arabes des démocrates dignes de confiance de leur peuple et crédibles vis-à-vis de l’occident, je me sens trahi dans mon rêve. Le cauchemar et le rapt risquent de perdurer. Je pense néanmoins à un homme que je respecte beaucoup pour sa probité politique: Léopold Sédar Senghor. L’homme est poète avant d’être politicien. Il n’a pas voulu manipuler les élections pour assurer une présidence à vie, comme font les petits hommes ivres de pouvoir. Abdou Diouf fait de même, il cède la place à son rival en respectant les règles du jeu. Pourtant, le Sénégal est un pays exposé à toutes les convoitises ethniques et tribales. Mais les aspirations démocratiques semblent au dessus de la mêlée. Des verdicts électoraux à 99,99 % c’est chez les "frères" arabes qu’on les trouve. Jamais en Israël. C’est, à coup sûr, une mascarade. Les intellectuels tunisiens avides de changement seront ulcérés. Comme si le jour du vote (dimanche 24 octobre 2004) aucun électeur n’est tombé malade ou n’a pas été retenu par un empêchement quelconque. On a l’air de voir dans ce pays à gouvernance rigide une sorte de divinisation du «Zaîm». Certes, on reproche à Bush et à Sharon leur arrogance vis-à-vis des palestiniens, mais dans leur pays respectif, jamais les consultations électorales n’ont atteint un tel degré de stupidité, de légèreté et de manque de considération. En France, l’alternance RPR /PS s’est toujours jouée à quelque milliers de voix de différence. Une victoire à 99,99% ferait sortir les Gavroches dans la rue pour rétablir la vérité électorale. Excepté pour les pays de l’ex-bloc communiste (vote à la soviétique) de telles majorités anecdotiques n’ont plus refait surface en Europe. La Communauté Européenne, faisant des acquis démocratiques un critère d’adhésion, est derrière cette métamorphose salutaire. En Turquie, pays européen par la géographie, les efforts de démocratisation entrepris depuis quelques années, n’ont pas été en mesure de lui assurer une entrée franche dans la communauté. Les violations des droits de l’homme défrayaient la chronique dans le pays de l’Atatürk. Les nouveaux dirigeants ont pris conscience qu’une Europe communautaire ça se construit non seulement sur le terrain de l’économie, mais aussi celui des droits humains. Ils ont dû rectifier le tir et puis comme par miracle, l’essor économique accompagne ce changement de politique. Dans quelques années, quand les griefs seront aplanis pour de bon, la Turquie pourrait enfin faire partie de la C.E. Peut-on voir naître à l’instar des européens une communauté au nord de l’Afrique où l’on utilise la même monnaie et circuler librement sans les formalités de visa? A l’heure actuelle, c’est une chimère que de penser à cette union enchanteresse bien que tout prédispose la région à un avenir meilleur. Les divergences semblent plus profondes qu’on le pense. Par ailleurs, un vote à la soviétique n’est pas de nature à homogénéiser le substrat. Le jour où l’on sonnera le glas à ces pratiques moyenâgeuses qui ajoutent à la société maghrébine plus de mal qu’elles n’en retranchent et que l’on verra des scrutins serrés entre les différents postulants, comme ce qui se passe dans les pays à la démocratie assise, alors l’on pourrait croire qu’un pas a été franchi vers la démocratisation. L’on serait convaincu que la jeunesse, ce grand réservoir de potentialités mises en veilleuse, il y a belle lurette, pourrait enfin prendre son destin entre ses mains sans paternalisme ni préjugés réducteurs. On a beau reprocher aux occidentaux d’être des alliés d’Israël , mais l’on oublie que ce dernier est perçu par ces mêmes occidentaux comme le meilleur des mauvais, malgré l’hécatombe qu’il a fait des palestiniens . Le premier ministre est issu des urnes et les décisions sont prises par un système de vote admis par tous. Les partis politiques, fonctionnant en s’appuyant sur une démocratie interne, permettent le renouvellement des élites. L’hécatombe n’est pas décidée que par Sharon. Autrement, il aurait déguerpi au moindre désaveu. Même le "gentil" Pères y a donné son avis démocratiquement. Certes, en Israël il y a une lutte acharnée pour le pouvoir mais les rouages électoraux sont rarement mis en question. Par contre, dans les pays arabes, si l’on est élu par on ne sait quel coup de dé c’est pour y être à vie. Les formations politiques semblent atteintes par la sclérose et la sénilité. Et quiconque critique leur archaïsme, est aussitôt mis au pilori. Plus jeune et plus pertinent que moi tu meurs. Leurs portes sont ouvertes plus à la dissidence qu’aux nouvelles adhésions. D’où leur atrophie pathologique. On fait de l’intolérance et l’exclusion une règle de conduite. Conséquence: prolifération de pseudo partis n’ayant aucun lien avec le peuple d’en bas sauf celui de l’enrichissement sur son dos. Absence de programme dûment pensé et d’alternative mûrement réfléchie. Manque de clarté. Ces disfonctionnements sont la cause de l’effritement de la vie politique dans le monde arabe. C’est devenu sans intérêt et insipide .Comme un malheur n’arrive jamais seul, les journaux édités par ces partis atteints par le pire des gharadismes, sont acculés à charrier les mêmes tares handicapantes : la censure, l’autocensure , la langue de bois, la ficaille … etc. Quand on les écarte du pouvoir ils jouent mal leur rôle de parti d’opposition parce qu’ils n’ont pas l’ancrage sociétal nécessaire. Leur presse est sans lectorat parce que non crédible. Tout cela est dû au manque de démocratie. Certes, il faut séparer le torchon des serviettes, mais l’on remarque que même les partis dits historiques commencent à s’éloigner de leur "marjiîya al hizbiya" et de leur idéal pour lequel des militants sincères ont sacrifié leur vie. Le pragmatisme capitaliste les a rendus moins percutants et moins incisifs. Résumons: C’est l’absence de démocratie qui a fragilisé l’Iraq. (Je suis contre l’invasion anglo-américaine mais il faut avouer aussi que si Saddam était un vrai démocrate l’Iraq serait peut-être épargné). C’est par manque de démocratie que des Rais arabes sont devenus des phallocrates autoritaires transmettant le pouvoir à leur progéniture par filiation héréditaire alors que seul le vote populaire devrait trancher. C’est aussi par manque de démocratie que les postes-clefs de l’administration étatique dans le monde arabe sont offerts aux fils à papa alors qu’un concours de sélection devrait être organisé en bonne et due forme afin de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est par manque de démocratie que des sanguinaires sont entrés dans l’hémicycle de députation pour légiférer. C’est par manque de démocratie que la justice dans les pays arabes a manqué souvent de justesse. La démocratie (démos: peuple, cratie: pouvoir) c’est l’équité. C’est offrir les mêmes chances à tous les citoyens sans discrimination ni favoritisme. C’est la tolérance et l’acceptation des idées des autres. C’est aussi le respect des minorités, l’indulgence de la majorité et le règne de la clarté. C’est la transparence dans les rouages de gestion et la régularité dans les procédures. C’est la liberté d’expression, de croyance, et de culte. Vivre dans une démocratie c’est se sentir chez soi en sécurité et bien dans sa peau. C’est faire halte aux abus de pouvoir et aux tractations et intimidations liberticides. Dans le monde du travail c’est la mobilité de la grille des salaires et l’amélioration du bien-être. C’est le partage des richesses et la division équitable des bénéfices. Bref, c’est le règne de l’excellence et l’abolissement de la médiocratie. A quand un vote sans bavure?»
RAZAK
«Beaucoup d’intellectuels maghrébins pensent que la politique, réduite à de la politicaillerie, ne vaut pas la peine de s’y consacrer. Elle n’est pas faite pour les honnêtes gens. Il y a trop d’intérêts personnels, trop de démagogie et de mensonges pour qu’elle convainque les hommes intègres. La majorité silencieuse, résignée et laxiste, se contente de regarder les minorités privilégiées prendre les commandes. Ce rôle passif de citoyens sans citoyenneté, rend actifs les arrivistes et opportuniste de tout acabit. Le peuple arabe, de façon générale, n’a pas de chance. La démocratie lui sera toujours interdite ou cédée à petite dose quand un concours de circonstance ou des pressions extérieures rendent la concession indispensable. Ce qui vient de se passer en Tunisie est une insulte à l’intelligence des tunisiens. En tant que maghrébin rêvant d’une "Sahoua" d’honneur qui ferait des dirigeants arabes des démocrates dignes de confiance de leur peuple et crédibles vis-à-vis de l’occident, je me sens trahi dans mon rêve. Le cauchemar et le rapt risquent de perdurer. Je pense néanmoins à un homme que je respecte beaucoup pour sa probité politique: Léopold Sédar Senghor. L’homme est poète avant d’être politicien. Il n’a pas voulu manipuler les élections pour assurer une présidence à vie, comme font les petits hommes ivres de pouvoir. Abdou Diouf fait de même, il cède la place à son rival en respectant les règles du jeu. Pourtant, le Sénégal est un pays exposé à toutes les convoitises ethniques et tribales. Mais les aspirations démocratiques semblent au dessus de la mêlée. Des verdicts électoraux à 99,99 % c’est chez les "frères" arabes qu’on les trouve. Jamais en Israël. C’est, à coup sûr, une mascarade. Les intellectuels tunisiens avides de changement seront ulcérés. Comme si le jour du vote (dimanche 24 octobre 2004) aucun électeur n’est tombé malade ou n’a pas été retenu par un empêchement quelconque. On a l’air de voir dans ce pays à gouvernance rigide une sorte de divinisation du «Zaîm». Certes, on reproche à Bush et à Sharon leur arrogance vis-à-vis des palestiniens, mais dans leur pays respectif, jamais les consultations électorales n’ont atteint un tel degré de stupidité, de légèreté et de manque de considération. En France, l’alternance RPR /PS s’est toujours jouée à quelque milliers de voix de différence. Une victoire à 99,99% ferait sortir les Gavroches dans la rue pour rétablir la vérité électorale. Excepté pour les pays de l’ex-bloc communiste (vote à la soviétique) de telles majorités anecdotiques n’ont plus refait surface en Europe. La Communauté Européenne, faisant des acquis démocratiques un critère d’adhésion, est derrière cette métamorphose salutaire. En Turquie, pays européen par la géographie, les efforts de démocratisation entrepris depuis quelques années, n’ont pas été en mesure de lui assurer une entrée franche dans la communauté. Les violations des droits de l’homme défrayaient la chronique dans le pays de l’Atatürk. Les nouveaux dirigeants ont pris conscience qu’une Europe communautaire ça se construit non seulement sur le terrain de l’économie, mais aussi celui des droits humains. Ils ont dû rectifier le tir et puis comme par miracle, l’essor économique accompagne ce changement de politique. Dans quelques années, quand les griefs seront aplanis pour de bon, la Turquie pourrait enfin faire partie de la C.E. Peut-on voir naître à l’instar des européens une communauté au nord de l’Afrique où l’on utilise la même monnaie et circuler librement sans les formalités de visa? A l’heure actuelle, c’est une chimère que de penser à cette union enchanteresse bien que tout prédispose la région à un avenir meilleur. Les divergences semblent plus profondes qu’on le pense. Par ailleurs, un vote à la soviétique n’est pas de nature à homogénéiser le substrat. Le jour où l’on sonnera le glas à ces pratiques moyenâgeuses qui ajoutent à la société maghrébine plus de mal qu’elles n’en retranchent et que l’on verra des scrutins serrés entre les différents postulants, comme ce qui se passe dans les pays à la démocratie assise, alors l’on pourrait croire qu’un pas a été franchi vers la démocratisation. L’on serait convaincu que la jeunesse, ce grand réservoir de potentialités mises en veilleuse, il y a belle lurette, pourrait enfin prendre son destin entre ses mains sans paternalisme ni préjugés réducteurs. On a beau reprocher aux occidentaux d’être des alliés d’Israël , mais l’on oublie que ce dernier est perçu par ces mêmes occidentaux comme le meilleur des mauvais, malgré l’hécatombe qu’il a fait des palestiniens . Le premier ministre est issu des urnes et les décisions sont prises par un système de vote admis par tous. Les partis politiques, fonctionnant en s’appuyant sur une démocratie interne, permettent le renouvellement des élites. L’hécatombe n’est pas décidée que par Sharon. Autrement, il aurait déguerpi au moindre désaveu. Même le "gentil" Pères y a donné son avis démocratiquement. Certes, en Israël il y a une lutte acharnée pour le pouvoir mais les rouages électoraux sont rarement mis en question. Par contre, dans les pays arabes, si l’on est élu par on ne sait quel coup de dé c’est pour y être à vie. Les formations politiques semblent atteintes par la sclérose et la sénilité. Et quiconque critique leur archaïsme, est aussitôt mis au pilori. Plus jeune et plus pertinent que moi tu meurs. Leurs portes sont ouvertes plus à la dissidence qu’aux nouvelles adhésions. D’où leur atrophie pathologique. On fait de l’intolérance et l’exclusion une règle de conduite. Conséquence: prolifération de pseudo partis n’ayant aucun lien avec le peuple d’en bas sauf celui de l’enrichissement sur son dos. Absence de programme dûment pensé et d’alternative mûrement réfléchie. Manque de clarté. Ces disfonctionnements sont la cause de l’effritement de la vie politique dans le monde arabe. C’est devenu sans intérêt et insipide .Comme un malheur n’arrive jamais seul, les journaux édités par ces partis atteints par le pire des gharadismes, sont acculés à charrier les mêmes tares handicapantes : la censure, l’autocensure , la langue de bois, la ficaille … etc. Quand on les écarte du pouvoir ils jouent mal leur rôle de parti d’opposition parce qu’ils n’ont pas l’ancrage sociétal nécessaire. Leur presse est sans lectorat parce que non crédible. Tout cela est dû au manque de démocratie. Certes, il faut séparer le torchon des serviettes, mais l’on remarque que même les partis dits historiques commencent à s’éloigner de leur "marjiîya al hizbiya" et de leur idéal pour lequel des militants sincères ont sacrifié leur vie. Le pragmatisme capitaliste les a rendus moins percutants et moins incisifs. Résumons: C’est l’absence de démocratie qui a fragilisé l’Iraq. (Je suis contre l’invasion anglo-américaine mais il faut avouer aussi que si Saddam était un vrai démocrate l’Iraq serait peut-être épargné). C’est par manque de démocratie que des Rais arabes sont devenus des phallocrates autoritaires transmettant le pouvoir à leur progéniture par filiation héréditaire alors que seul le vote populaire devrait trancher. C’est aussi par manque de démocratie que les postes-clefs de l’administration étatique dans le monde arabe sont offerts aux fils à papa alors qu’un concours de sélection devrait être organisé en bonne et due forme afin de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est par manque de démocratie que des sanguinaires sont entrés dans l’hémicycle de députation pour légiférer. C’est par manque de démocratie que la justice dans les pays arabes a manqué souvent de justesse. La démocratie (démos: peuple, cratie: pouvoir) c’est l’équité. C’est offrir les mêmes chances à tous les citoyens sans discrimination ni favoritisme. C’est la tolérance et l’acceptation des idées des autres. C’est aussi le respect des minorités, l’indulgence de la majorité et le règne de la clarté. C’est la transparence dans les rouages de gestion et la régularité dans les procédures. C’est la liberté d’expression, de croyance, et de culte. Vivre dans une démocratie c’est se sentir chez soi en sécurité et bien dans sa peau. C’est faire halte aux abus de pouvoir et aux tractations et intimidations liberticides. Dans le monde du travail c’est la mobilité de la grille des salaires et l’amélioration du bien-être. C’est le partage des richesses et la division équitable des bénéfices. Bref, c’est le règne de l’excellence et l’abolissement de la médiocratie. A quand un vote sans bavure?»
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